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Article publié dans le webzine de Avril 2015

À la mode de Bruxelles…


La Belgique est un petit pays. Scindé en deux par la langue. Réuni par la mode. Des Six d’Anvers au quartier Dansaert, à Bruxelles, où la mode se retrouve dans la rue, et au musée.

Je découvre le quartier Dansaert avec Linda Van Waesberge. Vêtue de rose en cette triste journée de janvier, elle illustre bien la liberté de la mode de rue à Bruxelles. Elle me pilote d’une boutique à l’autre, passant du « vintage » aux soldes. Tout le monde la connaît dans le quartier, où elle habite. « Les créateurs ont commencé à s’installer ici il y a environ 25 ans. Maintenant, avec la flambée de l’immobilier, il ne reste que les boutiques, on ne fabrique plus sur place ». Plus que styliste, elle se décrit comme « creative consultant » et fait aussi dans le « personnal shopper ». Magasineuse professionnelle, elle va instinctivement vers le beau, palpe une étoffe, effleure un chapeau, commente un style ou souligne la bonne affaire. Elle semble connaître par cœur toutes les collections. C’est que Linda aime profondément la mode belge et voue une admiration sans bornes aux jeunes créateurs. En cours de route, elle laisse tomber des noms, dont celui de Eddy Anemian, gagnant du dernier H&M Design Award. « C’est étonnant de voir tant de talent dans un si petit pays », commente-t-elle.

Au terme de notre périple, elle me conduit au Centre d’entreprises Dansaert, siège de MAD (Mode And Design Center), un organisme voué à la promotion de la mode et des créateurs qui emménagera dès 2016 dans un édifice de 3.000 mètres carrés entièrement restauré, Place du Nouveau Marché au Grains, au cœur du quartier Dansaert. Le bel endroit sera représentatif du nouveau design belge, un peu musée, mais beaucoup espace de création et lieu d’échanges.

Linda me présente Esther Beck, enthousiaste chargée des communications de MAD. Mes deux interlocutrices sont néerlandophones et pourtant, quand je leur demande ce qui distingue la mode bruxelloise de sa contrepartie d’Anvers, elles saluent d’un même élan l’ouverture, la créativité, la diversité qui prévalent dans la multiculturelle capitale. « Ici, on parle 100 langues différentes, alors qu’à Anvers, on n’en parle qu’une seule », précise Esther. « La ville est plus diversifiée, plus dynamique », ajoute Linda. Il faut croire que la création échappe ici à la politique…

Dans les années 1980, les Six d’Anvers avaient attiré l’attention des milieux internationaux de la mode. Plus ou moins à la même époque naissait à Bruxelles, la section stylisme de La Cambre qui a acquis depuis ses lettres de noblesse. L’année de la mode et du design, en 2006,  a consacré l’importance de la ville sur la scène de la mode, en mettant en lumière  le savoir-faire et le talent de ses créateurs. Pourtant, alors que Paris, Milan, Londres, New York, avaient depuis longtemps leur Fashion Week. Bruxelles brillait jusqu’à tout récemment par son absence dans ce club sélect jusqu’à  l’automne dernier, alors que MAD y a remédié en dotant la capitale belge d’un « Fashion Month» : rien de trop beau !

La mode belge aux musées

. La charmante exposition sur la mode « glamour » des années 1930 présentée au Musée du costume et de la dentelle, est prolongée jusqu’au 19 avril. www.museeducostumeetdeladentelle.be/fr

Une histoire de la mode belge au Bozar

. L’exposition sur l’histoire de la mode belge qui sera présentée à Bozar du 5 juin au 13 septembre propose un regard unique et historique sur la mode belge, du Groupe des Six d’Anvers et sur la relève des nouveaux créateurs.

www.bozar.be/

Une bouchée dans le quartier de la mode

Pour se sustenter dans le quartier Dansaert, quelques bonnes adresses : Les Filles, un lieu convivial, (lesfillesplaisirsculinaires.be), Au fond, plus discret (www.aufond.be/) et, un peu plus loin, à l’écart, La manufacture,  qui a déjà abrité les ateliers de la très chic et iconique maroquinerie Delvaux, (www.lamanufacture.be/)

 

Louise Gaboury